La conversion relationnelle, un enjeu pour l’Eglise


La relation au cœur de l’origine du monde


Travailler sur le monde de la relation c'est retourner à l'origine de la création. Cette question d'anthropologie chrétienne nous amène à considérer l'acte créateur de Dieu à l'origine du monde comme un acte relationnel. Convertir nos relations c'est retourner au plan initial de Dieu et à l'acte fondateur de la création d'un monde de relation. Nous vivons dans un monde de relation entaché par le péché originel. Il devient donc nécessaire d’entreprendre une conversion relationnelle pour se reconnecter à ce monde de relation voulu par Dieu et retourner à l'origine même de notre foi et de la parole de Dieu.


La conversion relationnelle, un enjeu de gouvernance ajustée


Le monde de la relation est un véritable apprentissage. La conversion spirituelle passe par la nécessité d'apprendre à être en relation. Comment parler d'une relation au Christ au niveau spirituel sans connaître le monde de la relation ? Comment être "expert en humanité" comme le disait Paul VI si l'on ne se met pas en chantier sur la relation de manière profonde ? La véritable fécondité de l'Eglise passe par un travail d'expertise et de relations humaines incarnées. Pour pouvoir annoncer le Christ en vérité, il faut d'abord que notre monde relationnel soit fécond.


“Le monde relationnel s'apprend, ce n'est pas juste lié à l'expérience.” Béatrix, coach Talenthéo et directrice de l’Institut Talenthéo

L'apprentissage relationnel, par la connaissance de soi, de l'autre et de ce qui m'unit à lui, permet de se mettre à une juste distance de l'autre dans la relation. La question des positionnements relationnels est complexe, il y a souvent des confusions importantes dans les niveaux relationnels pouvant endommager fortement les relations. Un bon niveau relationnel permet de clarifier quelles sont les paroles que je pose et si je les pose en tant que supérieur hiérarchique ou comme frère ou sœur dans le Christ.


La conversion relationnelle comme préalable à la conversion pastorale


Pour amener une conversion pastorale et dynamiser une paroisse, il est nécessaire de travailler au préalable les problématiques relationnelles et de coopération qui entravent l’objectif final. Ces manques de coopération peuvent être vis-à-vis des paroissiens, d'autres prêtres, de son évêque ou des paroissiens entre eux. Il s'agit d'aller dénouer ces problématiques pour comprendre ce qu'il se passe et avancer vers une conversion pastorale.


“C'est frappant de voir à quel point prêtres et laïcs se connaissent peu souvent et ignorent ce qu'ils vivent mutuellement d'un point de vue spirituel et fraternel. Pour revitaliser une paroisse, il est indispensable de revitaliser la communication entre ses différentes instances (EAP, conseil pastoral, services…) qui communiquent peu entre elles.” Bérénice, coach Talenthéo responsable du Parcours Talenthéo

La conversion relationnelle passe par l'écoute de soi-même, l'écoute des autres et l'écoute de Dieu. Ce sont les trois dimensions à respecter pour déterminer le projet de Dieu pour un lieu. La connaissance mutuelle est la clef. Dieu a un dessein spécifique pour chacune des personnes présentes dans une équipe. Il est donc indispensable de connaître les charismes, les talents et compétences de chacun. Les prêtres sont confrontés à l’enjeu relationnel d'être à la fois pleinement père de leurs paroissiens avec une autorité bienveillante et pleinement frère dans une juste relation. La conversion relationnelle du prêtre passe par la prise de conscience de cette tension relationnelle existante.


Un besoin de formation à la relation


La relation est un monde qui n'a rien d'inné, nous sommes très inégaux dans l'intelligence des situations. La formation des prêtres dans les séminaires est essentiellement théologique et philosophique, ils sont très peu équipés sur ces sujets relationnels qui correspondent à un immense besoin pas toujours identifié. Tout l’enjeu est de prendre conscience de l'importance de ces problématiques de relations et de coopération.


“Dans les séminaires, les futurs prêtres ressentent le besoin de se former davantage à la relation.” Corinne, coach Talenthéo responsable des formations diacres et jeunes prêtres

En réponse à ce besoin, Talenthéo propose le Parcours Talenthéo, une formation à la relation et au gouvernement pour les curés et vicaires de paroisses. Ce parcours offre aux prêtres un contexte entre pairs, en retrait de leur vie paroissiale, leur permettant d'être en vérité avec eux-mêmes et avec les autres sans avoir besoin de jouer un rôle. Ce contexte favorable va leur permettre d’identifier leurs richesses, leurs réussites et aussi de reconnaître les difficultés et les échecs vécus au cœur de leur paroisse. Ce lieu de ressourcement et d’échange avec les coachs et entre prêtres va leur permettre de regarder avec espérance ce qu’ils vivent dans leur paroisse et leur donner des clefs pour davantage faire croître le royaume de Dieu là où ils sont. Ce parcours inclut un week-end pastoral permettant aux prêtres de connecter leur contexte pastoral à l’expérimentation qu'ils vivent dans le parcours pour entraîner leur équipe dans cette démarche de renouvellement et de transformation de leur paroisse.


 

Les signes de reconnaissance


Donner de la reconnaissance à l’autre, c'est lui témoigner de la gratitude et lui permettre d'exister. Quand des problèmes relationnels surviennent, c’est souvent lié à un déficit de reconnaissance. Témoigner des signes de reconnaissance passe par la parole et la reconnaissance de faits.


Les phrases à formuler :

  • Ce que j'apprécie dans ce que tu fais (reconnaissance dans le comportement)

  • Ce que j'apprécie en toi (reconnaissance dans l’être)


Cette reconnaissance donnée dans la relation à l'autre, sur le plan du comportement ou de l'être, nourrit en profondeur la relation. Plus on donne de la reconnaissance à une personne, plus on la fait grandir en performance. Ce qui va à l'encontre de nos modes de pensée actuels nous laissant croire que plus l’on dira à l'autre ce qui ne va pas, plus on le fera grandir, ce qui est une impasse absolue. En disant ce que l’on apprécie et ce que l’on aimerait que l’autre fasse encore mieux et plus souvent, on nourrit profondément les relations.