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La solitude des décisions humaines : un défi silencieux pour les responsables d’Église

  • il y a 18 heures
  • 3 min de lecture

Prendre une décision budgétaire, organiser des travaux, arbitrer un sujet administratif… Sur ces questions concrètes, les prêtres et responsables d’Église sont généralement entourés. Conseils économiques, équipes paroissiales, experts ou bénévoles peuvent apporter leur aide et leurs compétences. Mais lorsqu’il s’agit de décisions humaines et relationnelles, la solitude change de nature.


C’est ce qu’observe Catherine, coach Talenthéo. Selon elle, les responsables d’Église se retrouvent souvent profondément seuls lorsqu’ils doivent gérer des tensions relationnelles, accompagner une personne en difficulté, arbitrer un conflit ou prendre une décision touchant directement des personnes et des communautés. « Sur ces sujets, ils ne peuvent pas toujours trouver de personne ressource dans leur environnement immédiat, notamment pour des raisons de confidentialité. Et surtout, ils ne savent pas toujours comment s’y prendre. »


Dans ces situations sensibles, le coaching individuel peut être un soutien précieux. Les coachs Talenthéo offrent un espace extérieur, indépendant et confidentiel permettant d’éclairer une situation sous différents angles, de prendre du recul et de discerner plus sereinement.


“Vivre ensemble en permanence, entre générations différentes, sans s’être choisis, rend les prises de décision particulièrement délicates.”

Des formes de solitude différentes selon les vocations

Cette solitude ne s’exprime pas de la même manière chez les prêtres diocésains et les religieux. Chez les prêtres, beaucoup portent le sentiment d’être « les seuls responsables au bout du bout ». Certains savent naturellement s’entourer, consulter et faire participer leur entourage avant une décision, à la manière d’un dirigeant habitué au travail collectif. D’autres, au contraire, vivent une solitude accentuée par le poids des critiques ou des attentes des paroissiens. Catherine remarque notamment que beaucoup sont davantage marqués par les remarques négatives des paroissiens que par les encouragements reçus.


Chez les religieux et religieuses en responsabilité, la difficulté est souvent plus structurelle. Certains supérieurs sont élus sans préparation réelle à la gouvernance. « Ils sont dans le grand bain alors qu’ils n’ont aucune expérience de cela », souligne Catherine. À cela s’ajoute la complexité de la vie communautaire : “vivre ensemble en permanence, entre générations différentes, sans s’être choisis, rend les prises de décision particulièrement délicates.”


L'Institut Talenthéo permet aux responsables d'Église de développer des compétences relationnelles et managériales, de mieux se connaître et de trouver une posture de juste d’autorité au service de la croissance des personnes et des communautés qui leur sont confiées.


Passer d’une gouvernance solitaire à la coresponsabilité

Face à cette solitude, Catherine plaide pour une véritable culture de la coresponsabilité. Il ne s’agit pas de supprimer l’autorité ou de diluer les décisions, mais de mettre en place un processus de décision clair ». Cela implique notamment :

  • de recueillir des avis individuellement et collectivement (conseil, conseil pastoral, EAP …),

  • d’examiner collectivement les impacts des différentes hypothèses de décision, une pratique à laquelle ils ne sont pas toujours habitués.

  • de décider en conscience, de manière éclairée.

Pourtant, beaucoup de responsables hésitent à entrer dans cette démarche par manque de temps. Pris dans une forme de « roue de hamster », ils pensent aller plus vite en décidant seuls. Mais une décision prise trop rapidement, sans concertation suffisante, finit souvent par coûter davantage de temps, d’énergie et parfois de relations abîmées.


Décisions de type A, décisions de type B

Catherine distingue également deux grandes catégories de décisions. Les décisions de type A sont celles où tous les éléments sont connus. Elles permettent généralement de décider relativement facilement. Mais les responsables d’Église sont aujourd’hui de plus en plus confrontés à des décisions de type B : des situations complexes, mouvantes, dans lesquelles tous les paramètres ne sont pas connus à l’avance. « Plus on doit prendre une décision sans avoir tous les éléments, plus il devient essentiel de s’entourer et de rendre les autres coresponsables de sa mise en œuvre. » Dans ces contextes d’incertitude, l’intelligence collective devient un levier précieux pour discerner avec davantage de justesse.


"Ce passage d’un leadership individuel à un véritable leadership de communion apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur pour de nombreux responsables d’Église."

Vers un leadership de communion

Lorsque cette gouvernance plus partagée se met en place, Catherine observe des transformations profondes chez les responsables. D’abord, un allégement intérieur : ils ne portent plus seuls le poids des décisions. Ensuite, un changement de posture : ils cessent d’être “le centre” pour devenir “au cœur” de la vie de la communauté. Enfin, les décisions deviennent souvent plus solides, plus réalistes et mieux reçues parce qu’elles ont été éclairées collectivement.


Ce passage d’un leadership individuel à un véritable leadership de communion apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur pour de nombreux responsables d’Église. Non seulement pour mieux décider, mais aussi pour durer dans leur mission sans s’épuiser intérieurement.


Parce qu’il est parfois difficile de discerner seul au cœur des tensions, Talenthéo souhaite offrir aux responsables d’Église des lieux où il devient possible de relire, partager et retrouver un souffle pour gouverner dans la durée. Nous restons disponibles pour échanger simplement avec vous.



 
 
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